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ECHO et la
Justice ![]()
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Loi Fauchon La
loi n°2000-647 du 10/07/2000 tendant à préciser la définition des délits non
intentionnels, dite "loi Fauchon" du nom de son initiateur, a
été publiée au JO.RF. Elle
modifie de ce fait le Code Pénal. Désormais,
on distingue entre ceux qui sont directement à l'origine du dommage
(lampistes) de ceux dont le lien de causalité entre leur faute et le dommage
(blessures ou mort d'êtres humains) n'est qu'indirect (décideurs). Ainsi ceux
qui ne sont pas directement à l'origine du dommage mais qui par leurs fautes
ou négligences ont contribué à créer la situation qui a occasionné le dommage
(décideurs publics ou privés, prétendus "responsables", mais qui ne
se veulent pas "coupables") sont sensés se voir apprécier leur responsabilité
dans des conditions plus restrictives. L'association ECHO et d'autres
associations de victimes se sont émues dés l'origine de cet état de droit.
Sous le prétexte avoué, n'en déplaise à M. Fauchon qui prétend
aujourd'hui le contraire, de protéger prétendument des "maires",
cette loi d'origine sénatoriale a procédé à une réforme, non pas limitée à
certains décideurs de droit public mais globale de la responsabilité
pénale en matière de délits non intentionnels. On
lira l'excellent ouvrage sur la loi "Fauchon" de M. Guillaume
Perrault : "Ni coupables ni responsables", Albin Michel, 2004. La
justice a su, notamment dans le procès du Mont Blanc, retenir dans le cadre
d'un accident collectif, la responsabilité de personnes que le manque de
conscience professionnelle, voire humaine, poussait à se défausser sur
d'autres. Gageons que le Tribunal de Colmar dans sa grande sagesse saura lui
aussi dans le cas de la catastrophe du Mont Sainte Odile faire une telle
oeuvre de justice, ce qui quatorze années après la mort de 87 personnes,
serait un minimum souhaitable. |
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Les Secours Ils
ont été conduits de façon scandaleuse. Plus de 4 heures 30 ont été
nécessaires pour repérer le lieu du sinistre, aux portes de la capitale de
l'Europe ! et par deux habitants de la région et deux journalistes de TF1 !
Et il est clair que si l'organisation de la recherche de l'épave avait été
conduite de manière appropriée, et sans re-écrire l'histoire, la découverte
du lieu du crash aurait été beaucoup plus rapide qu 4h30. Pour M. le Juge
d'Instruction Guichard, se basant sur des expertises, certaines victimes
décédées ultérieurement auraient pu peut être survivre si les secours étaient
arrivés moins de 2 heures après l'accident. Or, entre l'heure de l'accident et
les premiers "soins" extrêmement succincts et peu appropriés
délivrés aux blessés, certains d'entre eux ont survécu et d'autres non, et il
s'est écoulé plus de 5 heures. Comment dès lors peut on admettre, dans la
plage de gravité des blessures, une césure de 3 heures pendant laquelle rien
n'aurait changé pour le devenir de blessés décédés ultérieurement? Le simple
bon sens et les lois de la statistique l'infirment. Quant à la qualité des
secours, nous n'évoquerons que le communiqué de M. le Professeur L. Lareng,
Président du Syndicat national de l'Aide Médicale Urgente : SAMU. Dans ce
communiqué, le premier et l'unique du genre dans les annales du SAMU, il
s'insurge sur l'absence de participation des SAMU aux secours sur le terrain
qui en ont été empêchés. L'ordonnance
de renvoi est prolixe sur le sujet : plus de 80 pages qui constituent la
totalité du titre IV
« Recherches et secours » ; il en est aussi du rapport de la
Commission Administrative : pages
276 à 284, avec recommandations pages 321 à 324. Et on lira avec stupéfaction
l'excellent livre en totalité consacré à l'accident, hélas épuisé mais scanné
et disponible ici, de Stucki J.P. et Guthleben F. : "La nuit du mensonge",
Albin Michel, 1993 : Tables des Matières
- Le Livre. Et
le juge d'instruction, fort des 2 heures précisées, a considéré qu'aucune
faute ne peut être retenue, et malgré des appels de parties civiles, le
procès ne devrait pas aborder cette question : il n'y a pas de responsable,
et a fortiori de coupable. Cette décision est extrêmement mal vécue
par les proches des victimes qui la considèrent déni de justice. Afin
que ce scandale des secours lors de l'accident du Mont Sainte Odile puisse au
moins servir, l'association ECHO a décidé, en janvier 2006, d'aborder cette
question. Pour ce faire, elle a convié des responsables à une table ronde
lors de son Assemblée Générale 2006, sur les questions relatives à la survie et à l'organisation des
secours tirées des recommandations de la Commission Administrative ayant été
retenues. Peine perdue, personne
!, aucun des invités : autorités administratives
ministérielles, régionales ou locales, préfecture, gendarmes, sécurité
civile, etc. n'a daigné faire l'effort de répondre à cette invitation
pourtant formulée des mois à l'avance, sans doute par simple manque de
courage vis-à-vis des familles de victimes, ce qui a donné lieu à un communiqué de presse et à
des articles dans les journaux : Pourtant personne n’aurait pu empêcher les
familles de victimes et les rescapés d’évoquer ce problème crucial
lorsqu’elles ont eu la parole et les dénégations du procureur n’ont convaincu
personne d’autant que plusieurs prévenus, parmi lesquels M. Rantet, ont
affirmé de façon péremptoire qu’ils savaient où se trouvaient l’avion dans
les minutes qui ont suivi le crash. Les membres d’ECHO sont totalement
solidaires des familles de victimes ayant survécu à l’accident et étant
décédées en attendant les secours et qui ne pourront trouver la paix que
lorsque des explications approfondies leurs auront été fournies ainsi que
l’assurance qu’en pareil cas, les choses seraient organisées différemment. |
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